Le Bonheur au Travail : Deux mots qu’on ne fait pas facilement cohabiter. ARTE, diffuse le 24 février 2015 un film sur le sujet.

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Arte produit et diffuse le 27 février 2015 un documentaire de Martin Meissonnier, sur l’approche qu’ont certaines entreprises dans leur organisation du travail. C’est un regard nécessaire et intelligent qui permet de réfléchir à d’autres façons  de produire, et d’organiser et de partager ce temps contraint que nous vivons tous les jours…

« La crise économique touche le monde entier, mais dans ce magma de déprime, il existe cependant des entreprises où règne le bonheur. Aujourd’hui, le niveau d’éducation de plus en plus élevé et la révolution numérique changent la donne. Les salariés, formés et informés, ressentent vivement la frustration d’être considérés comme des pions au sein d’organisations qui peinent à s’adapter à une concurrence mondialisée ou dans un service public dont l’orthodoxie budgétaire impose sans cesse de nouvelles réductions d’effectifs.   Qu’y a-t-il de commun entre le Ministère de la Sécurité sociale belge, le géant indien HCL et Chronoflex à Nantes, leader en France du dépannage de flexibles hydrauliques ? Toutes sont des entreprises « libérées », des entreprises dans lesquelles les employés ont la complète responsabilité de décider ce qu’ils jugent pertinent pour effectuer leur travail.   Est-ce un rêve ou une réalité ? Dans ce film-enquête, nous suivons les salariés pour comprendre les recettes du bonheur dans les secteurs d’activités les plus divers et découvrir des solutions innovantes qui permettent de recréer la confiance, la liberté et la créativité dans le monde du travail.   Ces différentes histoires, positives et réjouissantes, mettent en avant certaines constantes : arrêt du système pyramidal, pratiques égalitaires, suppression des contrôles et des chefs, partage de l’information. Puissent-elles en inspirer d’autres…  « 

Documentaire de Martin Meissonnier (France, 2014, 90mn)

Production : ARTE France, RTBF, Campagne Première 

Neuroscience & Qualité de vie au travail…

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Qualité de Vie au Travail (QVT)

Le stress, comment le gérer ?

Ce que nous apprennent les neurosciences pour mieux gérer nos émotions et prendre du recul.

La Qualité de Vie a été définie par l’Organisation Mondiale de la Santé en 1994 comme « englobant de manière complexe la santé physique de la personne, son état psychologique, son niveau d’indépendance, ses relations sociales, ses croyances personnelles et sa relation avec les spécificités de son environnement », nous utilisons également pour définir la qualité de vie le terme de « bien-être ».

Notre bien-être (au travail ou dans la vie extra professionnelle) dépend de la perception du système dans lequel nous évoluons. C’est pour cela qu’une situation identique n’est pas ressentie avec les mêmes émotions ni avec la même intensité par les individus qui la vivent et par conséquent ne produit pas les mêmes comportements sur chacun d’entre nous.

D’après Rébecca Shankland(1),   « le bien être repose sur une évaluation affective et cognitive de son existence ». Mais comment nos modes mentaux commandent à nos comportements, quels pièges  nous tend notre cerveau et quelles sont les solutions pour mieux gérer nos émotions et prendre du recul ?

(1) titre du livre ; (Rebecca Shankland, La psychologie positive, 2012)

L’approche Neurocognitive et Comportementale (ANC) :

L’ANC étudie les impacts de nos mécanismes cérébraux sur nos comportements et la façon dont notre cerveau gouverne nos prises de décision.

Il existe plusieurs écoles qui traitent du neurocognitivisme et du comportement; cet article s’attachera principalement au travail qui a été effectué par L’Institut de NeuroCognitivime (INC) dont les fondements s’appuient sur les recherches de l’Institut de Médecine Environnementale (IME).

Selon les études épidémiologiques, 90% des causes de maladies sont attribuées à l’environnement (vie psychosociale et professionnelle, alimentation, rythme de vie…) contre 10% à la génétique. La performance nécessitant de traiter plutôt les causes que les effets, l’objectif principal de l’IME prend en compte l’Homme dans son environnement réel et complexe, biologique et relationnel, individuel et social (il s’agit donc d’une approche systémique).

Cette approche permet  de distinguer ce sur quoi il est possible d’agir de ce que l’on ne peut que gérer et non modifier. L’approche neurocognitive et comportementale se concentre en effet sur l’ici et maintenant.

La constitution de nos personnalités et caractères :

En fonction de notre stade de développement (enfance, adolescence, adulte) et des situations dans lesquelles nous nous trouvons, nous faisons appel à certaines parties de notre cerveau. Ces parties (appelées également territoires) sont en interaction, mais ont des fonctions et des modes de fonctionnement qui leurs sont propres.

o   Notre tempérament:

La partie la plus primitive de notre cerveau est celle qui renferme les instincts de survie individuelle, il s’agit de notre territoire reptilien. C’est un territoire non contrôlable par la conscience et qui a notamment pour fonction de gérer les quatre états de base : celui du calme correspondant à une situation normale ou maitrisée, puis en cas de danger la gestion d’états d’urgences que sont la fuite, la lutte et l’inhibition (ou soumission).

A la naissance, seul ce territoire est complètement opérationnel et il va marquer de son empreinte, en profondeur,  notre mémoire article ANC P1stable (long termes) située dans les territoires néolimbiques. Jusqu’à l’âge de trois mois environ, nous emmagasinons nos motivations profondes idéalisées qui définiront nos tempéraments.

Le tempérament est la source de nos motivations profondes, durables et invariables, c’est une énergie inépuisable qui nous donne l’aisance  et nous permet une persévérance dans l’action. Notre tempérament est tellement une « évidence » pour nous que nous n’en avons pas toujours conscience, alors qu’il est plus  facilement perceptible par les autres.

o   Notre caractère :

Puis intervient dans notre évolution d’Homme l’apprentissage. Il se met alors en œuvre des mécanismes de conditionnement à travers des vécus positifs/plaisir que l’on répètera naturellement ou par des vécus négatifs/déplaisirs que l’on évitera, ce processus dure jusqu’à la fin de notre vie (Voir article Wikipédia).

 Apprentissage social Bandura

Apprentissage social Bandura

Le siège où est mémorisé cet apprentissage  est également notre territoire néolimbique. La somme de ces expériences nous donnera une vision du monde qui nous est propre, des préférences émotionnelles (j’aime ou je n’aime pas), des préjugés et des jugements (c’est bien, c’est mal ; c’est honnête, c’est malhonnête…).  L’ensemble de ces apprentissages modèle nos caractères. Nos caractères évoluent dans le temps et avec l’âge.

Le stress :

o   La mécanique du stress :

Le stress est un mécanisme de défense et de survie, adapté à notre environnement. Il s’agit d’un signal d’alarme qui déclenche un processus physiologique chez les individus, pour permettre de faire face à un danger (ou une situation ressentie comme telle).

Le stress est une réaction défensive  qui fonctionne de manière essentiellement inconsciente et instinctive (comme précisé plus haut). Il n’y a donc pas de processus d’apprentissage du stress et il n’en permet pas. Cela lui confère un caractère peu contrôlable.

La présence d’un danger vital nous fait adopter des comportements stéréotypés :

–          La fuite, s’échapper ou se cacher, ou plus communément l’anxiété.

–          La lutte, faire face au danger, chercher à intimider ou faire preuve d’agressivité défensive.

–          L’inhibition de l’action, « faire le mort », se faire oublier, mais également le découragement ou l’abandon (se rendre !).

C’est le stress qui nous a permis de rester vivant à travers les temps et bien entendu notre vie d’Homme moderne  a modifié la notion de danger. Le stress qui permet à un animal d’assurer sa survie (donc sa pérennité) est le même que celui que nous éprouvons face à un jugement négatif, un échec scolaire ou professionnel ou un conflit avec sa hiérarchie. Le stress sert à nous défendre contre un danger ou un ennemi extérieur !

Le déclenchement du stress est donc de moins en moins lié à sa fonction première, échapper à un prédateur pouvant mettre notre vie en danger, mais à une situation mettant en péril (ou qui semble mettre en péril) notre existence ou notre statut social, notre position hiérarchique dans l’entreprise, nos valeurs et représentations du monde, le regard de notre entourage….

Nous ne stressons pas tous pour les mêmes raisons, car nous n’apprécions pas tous les évènements que nous traversons de la même façon. Et puisque nos tempéraments et nos caractères sont différents, nous ne portons pas le même regard sur le monde, ni ne donnons la même signification, ni la même intensité à une même situation.

o   Le renforcement du stress :

Dans l’approche comportementale et cognitive, nos pensées, nos émotions et nos comportements sont immédiatement interdépendants (triade de Beck).

L’état émotionnel intense que représente le stress, ne permet pratiquement pas à un individu d’opérer le changement nécessaire de l’origine du stress. Autrement dit, une personne qui agit en état de stress, ne sera pas (ou difficilement) capable de prendre le recul nécessaire pour traiter la situation stressante.

Nous pouvons résumer cela sur ce schéma:

Schéma renforcement du stress

Schéma renforcement du stress

 Le Mode Mental Automatique (MMA) :

Comme nous l’avons vu plus haut, nos modes d’apprentissages, notre culture, tout ce qui a été généré par notre éducation et qui constitue notre caractère (territoire néolimbique), nous amène à un certain regard sur le monde qui nous entoure. Mais nos modes de d’apprentissages génèrent également un mode de pensée automatique (mode mental automatique – MMA), qui nous conduit à apporter des réponses de façon automatique en fonction de nos croyances et à partir de répétition, dans ce que Skinner a appelé le « conditionnement opérant ».

Le MMA est mobilisé chaque fois qu’une situation est perçue comme simple ou connue. Il demande peu d’attention et de concentration puisque qu’il applique des réponses connues, rapides, précises….et faciles. Le pendant est qu’il est peu adapté aux situations nouvelles, inconnues et qui nécessitent une prise de recul ; en ce sens il est générateur de stress.

Les caractéristiques du MMA : La routine, la rigidité, la simplification, la certitude, l’empirisme et l’image sociale.

Le Mode Mental  Adaptatif – Sous-tendu par le cortex préfrontal (MMP) :

La spécificité de l’être humain, au niveau de ses modes mentaux, est sa capacité d’adaptation particulièrement développée. Pour cela il bénéficie d’un petit « truc » qui lui est propre : un « gros » Cortex Préfrontal. L’Homme est l’une des espèces qui dispose d’un cerveau dans lequel le cortex préfrontal est le plus développé. Cette petite différence lui a permis de s’adapter et de conquérir son environnement ; alors que dans la compétition des espèces, ses seuls attributs physiques (force musculaire, vitesse de déplacement, rythme de reproduction…) n’en faisaient pas un candidat sérieux face à d’autres espèces, mieux armées.

Le MMP est connecté à l’ensemble des territoires, sans prendre la main ou se substituer aux fonctionnalités de chacun. C’est un article ANC P4« macroprocesseur » dans notre cerveau capable d’analyser en temps réel le fonctionnement  de chaque partie et de percevoir les signaux d’alerte et les modes mentaux que nous mettons en œuvre.

Notre MMP nous permet de rechercher les relations de cause à effet, de dépasser les apparences, les croyances et les certitudes liées à notre mode mental automatique. C’est lui qui nous permet d’avoir une ouverture permanente sur le monde et les idées nouvelles ou originales qui y circulent.

Les caractéristiques du MMP : La curiosité, l’adaptation, la nuance, la relativité, la réflexion, l’opinion personnelle.

Mettre en œuvre nos capacités d’adaptation :

Chacun des deux modes mentaux est indispensable et complémentaire :

–          l’un est plutôt destiné à gérer les « affaires courantes », il représente notre mémoire, nos compétences apprises, notre personnalité, notre conscience et nos désirs profonds.

–          l’autre est destiné à gérer les situations nouvelles ou complexes et permet d’écouter nos émotions et de gérer notre stress. Il permet la prise de recul, l’ouverture et la réflexion, il sous tend notre intuition et notre créativité.

Un des enjeux de l’approche neurocognitive et comportementale  consiste à apprendre à gérer les modes mentaux, afin de rompre les cercles vicieux de nos croyances qui nous amènent à apporter toujours les mêmes solutions malgré le manque de résultat.

Voir interview de Jean Cottraux – La créativité

Gérer nos modes mentaux, c’est utiliser au mieux nos capacités en fonction de la situation, être en mode automatique lorsque la situation le permet (on ne réapprend pas ce que l’on a déjà appris) et savoir passer en mode adaptatif lorsque la situation le nécessite (identifier et faire face à une situation nouvelle).

Bascule MMA/MMP

Bascule MMA/MMP

En conclusion, le stress est fortement lié à notre vision du monde, dans 90%  des cas (chiffre INC) il a des origines internes, subjectives, cognitives. Notre stress survient lorsque le mode automatique ne laisse pas la place, dans une situation nouvelle et complexe, à notre capacité d’adaptation.

Lutter contre le stress c’est mettre à jour les facteurs stressants, comprendre la construction mentale qui est faite par la personne en souffrance et à partir d’exercices appropriés, apprendre à gérer ses modes mentaux et de sortir des cercles vicieux, des solutions inappropriées ou du « toujours plus de la même chose », en prenant le recul nécessaire face aux situations que nous rencontrons.

C’est se donner les moyens d’envisager d’autres perspectives que celles souvent répétées à force d’habitudes et de trouver des solutions nouvelles et innovantes. C’est sortir du fatalisme en ouvrant le champ des possibles et en mettant en œuvre des formes d’organisations appropriées qui permettent d’avancer vers des formes d’intelligence collective.

En ce sens l’Approche Neurocognitive et Comportementale  donne à chacun la capacité de mieux gérer sa façon d’interagir avec son système environnant et de mieux appréhender les situations nouvelles ou  inconnues.

 

En  complément de cet article : À écouter l’émission du 7 février 2014 sur France Inter : « peut-on apprendre à être heureux ? ».

 

Jean-Luc Saugé – Executive Coach chez Des défis & des Hommes – Apprendre à gérer son stress.

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